Le temps d'une nuit
plongé dans l'entrain d'une danse infernal
Le train indien ne perd jamais son élan,
ne retrouve jamais le calme
Ce train indien...
...ce long serpent de fer,
ce vieux serpent bleu!
Il ne fatigue jamais.
Toujours affamé,
il ne cesse de mordre sur son passage...
avalant ses proies par gourmandise.
Il les engloutit le long de son corps.
Dans ce ventre
rongé par la rouille
Les âmes de l'Inde se mélangent.
Dans cet univers d'acier,
de bric et de broc,
Les âmes de l'Inde
deviennent des anges.
Ils partagent ce qu'ils ont,
et protègent le vagabon qui voulu fuir de chez lui...
sans but...sans itinéraire
sans argent...mais à tout prix.
Dans ce pays étrange,
l'étranger est toujours l'invité,
la mascotte,
l'avatar d'une divinité?
dans l'exagération...pourquoi pas!
Mais le serpent digère lentement
Très lentement.
Et il en faut des heures
dans l'attente de la libération.
Coincé dans les entrailles de la bête,
allongé...
sur un porte bagage de latte en fer,
assourdi par les cris stridents
de ceux qui gagnent péniblement leur croute
À chaque station
Une nouvelle opportunité
Celle de goûter à des...
"CHAPAAAATTI
CHAPAAAATTI..."
Ou de se ressourcer
avec un "PANE BOTEL...PANE BOTEL...bis roupies"
Malgré cette dure vie
Ils s'en sortent bien ces vendeurs à la sauvette!
Immédiatement recrachés,
Ils sont libres.
Mais ils attendent alors avec ferveur
de flirter avec le prochain crotale.
Il est alors temps
Pour notre serpent
de continuer sa route
jusqu'au petit matin.
Photos ci-dessous: classe standard, train de nuit entre Trivandrum et Pondichéry, mars 2012